Retournez à la page d'accueil Qu'est ce que l'APBSD? Découvrez la foret de Sainte-Dorothée. Consultez les différents documents rédigés par l'APBSD. Découvrez en photos le territoire du boisé de Ste-Dorothée. Voyez d'autres sites d'intérêts.
           

La forêt Sainte-Dorothée est surtout composée de feuillus (76 %). Cependant, on rencontre également des peuplements composés de résineux, peu fréquents à Laval. À eux seuls, les peuplements d’intérêt (soit en raison de leur âge, de leur rareté ou encore de leur composition) occupent près du quart de la forêt. Parmi eux, on compte trois peuplements exceptionnels, dont une prucheraie reconnue comme écosystème forestier exceptionnel (EFE) par le Ministère des ressources naturelles et de la faune (MRNF) du Québec. Le tout forme un ensemble de peuplements diversifiés contigüs qui crée un vaste continuum forestier au coeur de la forêt Sainte-Dorothée.

Cette forêt abrite une grande diversité d’essences d'arbres (plus de 48) dont plusieurs, comme le caryer cordiforme, le tilleul d’Amérique, le cerisier tardif, le noyer cendré, le micocoulier occidental ou encore l’érable noir, sont typiques des érablières du sud-ouest du Québec. Le noyer cendré, le micocoulier occidental et l’érable noir font d'ailleurs partie des neuf espèces de plantes à statut précaire recensées dans la forêt Sainte-Dorothée; le noyer étant d'ailleurs considéré en voie de disparition au Canada.

Un massif d'érablières de près de 35 hectares
situé en plein cœur de la forêt présente un intérêt acéricole certain avec un potentiel de 8500 entailles. Ces érablières jouissent d'une certaine forme de protection en vertu de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles. Au centre de ce massif, une grande érablière sucrière âgée de plus de 80 ans et mesurant plus de 16 ha sert d'habitat au petit polatouche (écureuil volant), une espèce à statut précaire. Plusieurs espèces végétales à statut précaire (Matteucie fougère-à-l'autruche, sanguinaire, trille blanc) ont également été recensées dans ce massif. On les rencontre  généralement dans les forêts peu perturbées. À ce titre, elles sont une indication supplémentaire quant à la qualité du milieu.

Parmi les peuplements feuillus de la forêt Sainte-Dorothée
, on trouve tous les types d’érablières : l’érablière à érables argentés, à érables rouges ou à érables à sucre. Leur coexistence sur un même territoire est peu fréquente et elle résulte des conditions de drainage qui varient d’un secteur à l’autre et qui enrichissent la valeur globale de la forêt. Les écosystèmes forestiers, en plus de contribuer à la qualité des paysages, présentent de nombreux atouts : ils produisent l’oxygène que nous respirons, filtrent l’air, aident à régulariser le climat, réduisent l’érosion. En zone urbaine, les bois permettent des économies d’énergie en matière de chauffage et de climatisation et servent d’écrans anti-bruit. Ces espaces participent aussi au mieux-être des citoyens. En zone agricole, le voisinage des bois contribue à améliorer les conditions de culture puisque les arbres, en agissant comme brise-vent, réduisent l’érosion des sols et favorisent l’accumulation de la neige qui sert d’isolant protecteur pour les plantes en hiver. De plus, ils permettent de régulariser le débit des eaux de ruissellement, minimisant ainsi les risques d’inondation et de sécheresse.

Les forêts servent aussi d’abris à une foule d’animaux (ex. oiseaux, insectes prédateurs, chauves-souris) qui participent au contrôle des ravageurs. Ainsi, par sa diversité, le coeur forestier de ce quadrilatère forme une mosaïque d'habitats essentiels pour le maintien de nombreuses espèces animales et végétales dont plusieurs figurent sur la liste des espèces à statut précaire. Sa superficie permet également le maintien d'espèces demandant des territoires plus vastes comme le cerf de Virginie, le coyote ou certains oiseaux de proie. Malgré la richesse importante de la forêt Sainte-Dorothée, aucune partie du territoire (pas même l'EFE) ne bénéficie d'un statut légal de conservation. De plus, le peu de mesures législatives visant à encadrer la coupe d’arbres en terre privée, tant en zone agricole que résidentielle ou industrielle, fait en sorte que le devenir de la forêt Sainte-Dorothée dépend actuellement de la « bonne volonté » des propriétaires terriens. Malgré les intentions exprimées par les représentants du milieu agricole de Laval et celles de plusieurs propriétaires du quadrilatère de maintenir les zones boisées, certaines interventions (ex. coupe d’arbres, coupes à blanc, drainage) dans la forêt Sainte-Dorothée menacent son intégrité territoriale et écologique. De plus, l'avenir des terrains appartenant aux instances publiques, dont l'EFE, reste tributaire des administrations en poste et sont donc sujettes à un changement de vocation.

Autour du coeur forestier
, on observe trois zones importantes de friches arbustives et herbacées. Ces friches alternent avec des parcelles agricoles et sont surtout confinées au pourtour du territoire. Il s'agit : des friches du nord, situées aux abords de l'Avenue des Bois; des friches du plateau, localisées le long du boul. St-Martin. Celles-ci sont situées en partie sur des affleurements rocheux issus d'intrusions montérégiennes, en amont d'une faille rocheuse s'étendant de la Rue des Pivoines vers la Montée Champagne; et de la friche du cimetière située à l'ouest de ce dernier et d'un quartier résidentiel. Cette « zone tampon » constitue une bande de protection essentielle entre les résidences et les champs cultivés pour assurer la quiétude et la sécurité des citoyens.

Il reste de moins en moins
de friches dans les zones périurbaines du sud-ouest du Québec. Ce type d'écosystème disparaît à la vitesse du développement. De plus, les friches sont des habitats mal aimés de la plupart des gens. On les perçoit tantôt comme un terrain laissé à l'abandon qui devrait être remis en culture, tantôt comme un milieu qui deviendrait intéressant si les arbres y poussaient! La friche, qu'elle soit herbacée ou arbustive, suscite les perceptions les plus négatives auprès des agriculteurs. Toutefois, on oublie que cet écosystème méconnu est un milieu essentiel à la survie de nombreuses espèces. Ainsi, les friches de la forêt Sainte-Dorothée abritent plusieurs reptiles dont la couleuvre brune et la couleuvre tachetée, deux espèces à statut précaire. Elles utilisent ces friches à la fois comme habitat d'été et d'hiver (hibernacles). C'est dire l'importance de ce milieu pour leur survie! Plusieurs petits rongeurs et de nombreux oiseaux y vivent également et constituent une nourriture de prédilection pour de nombreuses espèces prédatrices. En effet, les friches servent de terrain de chasse pour des carnivores comme le renard, l'hermine et pour plusieurs rapaces, comme la buse à épaulettes. Les friches représentent ainsi un maillon important dans la richesse écologique du secteur.

Une autre importante utilité des friches
de la forêt Sainte-Dorothée est liée à leur positionnement par rapport aux peuplements forestiers. En effet, situées sur le pourtour du quadilatère, elles créent une distance entre la zone urbanisée et la forêt formant ainsi une bande de protection naturelle pour les peuplements forestiers. À titre d'exemple, rappelons que sur les terres du domaine de l’État, une bande de protection de 100 m de largeur (où la circulation est limitée) ceinture les écosystèmes forestiers classés exceptionnels (EFE). Finalement, la jonction entre la friche et la forêt crée un autre milieu : la lisière. Or, à la jonction entre deux écosystèmes, on observe généralement une biodiversité accrue. En effet, la lisière qui sert de frontière entre divers milieux (et qu'on appelle écotone) présente une diversité maximale, tant animale que végétale, à cause des habitats variées et du microclimat particulier qui s'y crée. Certaines espèces du centre de la forêt, comme le tyran huppé, s'y aventurent parfois, celles de la friche y trouvent refuge. La paruline à flanc marron, le bruant chanteur ou le moqueur chat ne vivent quant à eux que dans ces bordures. Le renard, l'hermine et le cerf de Virginie fréquentent également la lisière. En favorisant le maintien de ces lisières (friche-forêt), on favorise donc la richesse et la diversité de l'ensemble des écosystèmes du secteur.

 
 
           
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